Revenir à la liste
19 juin 2020

Écouter, apprendre, agir : ensemble, éliminer le racisme systémique – Message de la Conférence religieuse canadienne contre le racisme

Montréal, 19 juin 2020 – George Floyd, Ahmaud Arbery, Breonna Taylor, Chantel Moore, Rodney Levi et Regis Korchinski-Paquet sont décédés violemment dans des incidents impliquant la police au cours des trois derniers mois. George Floyd, Ahmaud Arbery et Breonna Taylor appartenaient à des communautés noires aux États-Unis. Chantel Moore, Rodney Levi et Regis Korchinski-Paquet appartenaient quant à eux à des communautés autochtones et noires du Canada. « Chers amis, nous ne pouvons pas tolérer ni fermer les yeux sur tout type de racisme ou d’exclusion et prétendre défendre le caractère sacré de chaque vie humaine. » Par ces mots, le pape François a condamné le « péché du racisme » qui est la racine de tant de morts tragiques.

La Conférence religieuse canadienne (CRC) s’unit au pape François et au chœur mondial des voix déplorant ces décès. Ces lamentations dénoncent le racisme systémique à l’œuvre dans les institutions, les structures sociales, les politiques et les pratiques, dans quasiment tous les pays du monde – dont des endroits où l’on espérerait vivre en sécurité. Notre pays, nos instances politiques, nos systèmes de santé et d’éducation, nos organes policiers et juridiques, nos institutions financières, notre Église, nos congrégations religieuses et nos milieux pastoraux ne sont pas exempts de cette triste réalité.

La CRC appuie sans réserve la dénonciation du racisme. Cependant, en tant qu’organisme de leaders de congrégations religieuses canadiennes, la CRC reconnaît qu’il ne suffit pas de dénoncer. Les individus, les sociétés, les gouvernements et les institutions doivent être imputables par rapport au racisme et doivent travailler à identifier ses racines dans leur histoire, leurs perspectives d’éducation et leurs politiques en faveur de l’inclusion et contre la discrimination.

Seul cet engagement pourra dénouer le maillage du phénomène du racisme. Cette exigence vaut tout particulièrement pour notre Église et nos institutions religieuses, puisque notre foi chrétienne nous commande : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22, 39). Jamais la dignité et la valeur de nos sœurs et frères en humanité ne doivent être remis en question à cause de leurs origines, leur couleur de peau, leur religion, leur culture, leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre. Nous considérons que toute personne est enfant de Dieu. Nous savons que nous sommes plus forts et plus riches grâce à notre diversité.

Écouter, apprendre, agir : ces trois actions doivent orienter notre travail contre le racisme. Dans notre Église catholique et nos congrégations religieuses, nous promettons d’écouter les personnes de la communauté noire, les personnes de couleur et les personnes autochtones. Le chemin qui mène à la fin du racisme en est un de réconciliation. Nous nous engageons à intensifier notre travail d’éducation par rapport à toute forme d’exploitation, reconnaissant nos responsabilités dans l’esclavage au Canada et les divers abus infligés aux autochtones dans notre histoire. Au cours des dernières décennies, notre pays n’a vu aucune résolution à la tragédie des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées. C’est pourquoi, nous renouvelons nos huit engagements de 2016 dans la « Réponse catholique à l’Appel à l’action 48 de la Commission de vérité et réconciliation. » Nous promettons aussi d’approfondir, avec le pape François et le Synode sur l’Amazonie, que la défense « des droits des peuples autochtones est un principe évangélique » (no 47), afin que cette conversion pastorale nous conduise à une nouvelle vision de notre Église intégrant un visage autochtone.

Nous réaffirmons que notre foi et ses saintes Écritures ne doivent jamais être utilisées pour dominer, exploiter ou discriminer des personnes ou des peuples. En union de prière, nous exprimons notre désir d’avancer ensemble avec les nombreux alliés anti-racistes. Cette solidarité est la clé pour forger de nouvelles alliances garantes d’un vrai changement.

Pour tendre à la communion, nous nous engageons à vivre un dialogue interculturel continu au sein de nos communautés et dans notre Église. Afin d’enrichir nos vies et nos ministères, nous accueillons des religieuses et des religieux venus d’ailleurs. Pour nous éclairer, nous écouterons attentivement les voix des théologiennes, théologiens et interprètes de la Bible de communautés noires, des personnes de couleur et des peuples autochtones. Ceci nous aidera à cheminer pour ouvrir notre Église à des visions renouvelées de la mission et de l’évangélisation.

« J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ». Ces mots de la parabole de l’évangile de Matthieu (25, 35) résonnent dans nos cœurs en nous écoutant véritablement les uns les autres, en découvrant humblement les profondeurs de nos préjugés personnels et collectifs, en affermissant intentionnellement nos engagements dans le respect, l’inclusion et l’amour. Écouter, apprendre, agir : avançons ensemble.

À propos de la CRC

La CRC est une association qui regroupe les leaders de 250 congrégations catholiques de religieuses et religieux présentes au Canada. Elle a pour mission d’encourager ses membres à vivre pleinement leur vocation à la suite du Christ et à les soutenir dans leur témoignage prophétique de justice et de paix au sein de la société et de l’Église.

TELECHARGER LA DÉCLARATION