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Vivre les voeux dans le contexte de la solidarité universelle et de la nouvelle cosmologie

La solidarité universelle et la nouvelle cosmologie sont deux dimensions d'une même réalité, car rien n'existe de manière isolée. Dans ce contexte, comment les voeux de vie consacrée peuvent-ils nous relier de manière à participer à la croissance de toute vie? Ce texte est une version intégrale de l'article de Jean Bellefeuille publié dans le Bulletin CRC, Volume 8, no 3 - Automne 2011. Ouvrir ce document PDF.


Une vie nouvelle peut-elle surgir du livre de la Règle?

En quoi les constitutions et le livre des règles servent-ils votre congrégation? Peuvent-ils habiter le quotidien, nourrir la prière et être source d'un nouveau dynamisme? Un texte de Nestor Grégoire, OMI, publié dans Review for Religious et traduit, avec permission, en français par Albert Beaudry pour la CRC. Ouvrir ce document PDF.


Les Constitutions : les connaître par le coeur

Dans cet article, Béatrice Eichten suggère de réfléchir à nos constitutions, à ce qu'elles disent de la vie communautaire et à leur mise en pratique. Le texte a été publié dans Review for Religious et traduit en français par Albert Beaudry pour la CRC, avec permission. Ouvrir ce document PDF.


Apprendre l'art du dialogue sacré

Conversation de Thomas Merton avec le bouddhisme

Peu de maîtres spirituels chrétiens ont exploré le terrain religieux de notre planète aussi intensément et profondément que Thomas Merton. Il fut surtout fasciné par les spiritualités orientales – le bouddhisme en particulier. Sa conversation et son expérimentation avec le bouddhisme a entraîné chez lui une transformation 'destinée à élargir les horizons de l’expérience de la vie dans l’Esprit. Un texte de Kathleen Deignan, CND. Ouvrir le document PDF.


Autorité et obéissance dans la vie religieuse

« L'auteur reprend Faciem Tuam sous trois aspects : le rappel ques l'obéissance est due à Dieu seul et que le Christ est le modèle de l'obéissance à la volonté du Père; l'insistance sur l'aspect fraternel et communautaire et sur la réalité de maturité humaine, contexte dans lequel ce service est vécu au quotidien; la conscience de ses propres limites, que ce soit chez celui qui obéit ou chez celui qui commande. »

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Communautés anciennes, communautés nouvelles : forces, défis et points de convergence

Conférence de Rick van Lier, OP, donnée le 9 mai, 2009, à Drummondville, dans le cadre d'une journée de rencontre et de dialogue entre des représentants et représentantes de communautés anciennes et de communautés nouvelles. Le frère Rick a organisé son intervention autour de trois domaines centraux de la vie religieuse : la vie spirituelle; la vie communautaire; et l'engagement dans la mission de l’Église. Pour chacun de ces domaines, il relève les forces, les défis et les points de convergence. Ouvrir ce ce document.


Refonder la vie religieuse

La CRC a obtenu le droit de traduire et de publier l'article Refonder la vie religieuse paru dans la revue Human Development, Volume 30: Number Three, Fall 2009.

Dans cet article l'auteur Ted Dunn, Ph.D., identifie la principale raison pour laquelle des communautés religieuses optent pour la refondation : « Pour passer à travers cette ère de décroissance, les communautés religieuses devront opérer plus que des changements graduels. Elles devront vivre un changement profond et radical. Elles devront s’inspirer d’une vision nouvelle et se décider à transformer leur vie. C’est précisément pour cette raison que certaines communautés optent pour une refondation ».

Il explique que « la refondation communautaire est une démarche, un processus de conversion personnelle et communautaire entrepris en réponse à l’appel que Dieu nous lance de choisir la vie. C’est un engagement à cheminer comme communauté de foi dans la nuit obscure de l’âme en vue de transformer les mentalités, les cœurs, les esprits et les comportements.  C’est un processus qui se déploie dans le cadre de l’appel incessant à la réconciliation et à la rédemption ». Pour télécharger ce texte veuillez cliquer sur ce document PDF.


Le défi de la reconfiguration

La CRC a obtenu le droit de traduire et de publier l'article Le défi de la reconfiguration paru dans la revue Human Development, Volume 30: Number Three, Fall 2009.

Dans son introduction, l'auteure Pattricia Wittberg, SC, précise que reconfigurer les communautés religieuses constitue un véritable défi : « Alors que bon nombre de communautés religieuses continuent de connaître la décroissance et le vieillissement, leurs leaders et leurs membres se demandent s’il n’y a pas lieu pour elles de se reconfigurer en regroupant des provinces ou même en fusionnant avec d’autres congrégations. La réponse est loin d’être évidente. La reconfiguration ou la fusion peuvent fort bien n’aboutir qu’à maintenir le statu quo, elles peuvent même porter préjudice aux congrégations qui en prennent le risque. Rarement, et seulement du fait d’un effort délibéré des membres et des dirigeants, il arrivera qu’une reconfiguration déclenche un nouveau cycle de fondation au sein de la nouvelle communauté. »

Dans son article, Soeur Wittberg illustre certaines des étapes qui peuvent mener à une évolution de ce genre. Pour télécharger ce texte veuillez cliquer sur ce document PDF.


Vivre une politique de communion

La spiritualité mystique est un éveil à la communion. Elle concerne notre relation à Dieu, à nous-même et à tous les êtres avec qui nous vivons la Communauté Terre. Son enracinement rend capable d'opérer un virage au plan de nos principes sociaux, économiques, politiques et écologiques.

Version intégrale de l'article Vivre une politique de communion et une économie de solidarité paru dans l'édition Printemps-Été 2008 du Bulletin CRC. Par Joan Atkinson, CSJ et Sue Wilson, CSJ.

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La refondation, une expression de la fidélité créative

Conférence du père Josè Maria Guerrero, SJ, donné lors de la onzième rencontre des formateurs qui s'est tenue à Calli (Colombie) du 25 au 29 septembre 2000.

La refondation n’est pas un slogan à la mode sans profondeur, un sujet qui dépend de la volonté inquiète de quelques membres difficiles à contenter d’un Institut. Il s’agit d’une exigence du moment historique dans lequel nous vivons. Cliquer ici pour ouvrir le document PDF.


La formation en un temps de refondation

Un texte du P. José Rodríguez Carballo, OFM. À la lumière du congrès international de l'UISG qui s'est tenu en novembre 2004, l'auteur indique quelques défis qui se présentent à la formation aujourd’hui.

La présentation des défis est précédée d’un rappel des principes de base de la formation. Caballo termine son exposé en présentant quelques notes méthodologiques qui lui semblent importantes pour mieux répondre aux défis posés. Cliquer ici pour ouvrir le document PDF.


Vérité et réconciliation - texte de Marie Zarowny, SSA

Le travail soutenu de la Commission Vérité et Réconciliation nous oblige, comme disciples de Jésus Christ, à réfléchir de nouveau au sens de la réconciliation entre les groupes et les individus, lorsqu’une injustice historique a été subie par les membres d’un groupe particulier au sein de la société. D’après une conférence donnée par Marie Zarowny, SSA à la paroisse Saint-Joseph d’Ottawa, le 19 mars 2009. Une version abrégée de cette conférence a été publiée dans le Bulletin CRC, Volume 8, no 3 - Automne 2011, sous le titre Vers une théologie de la réconciliation entre la communauté catholique et les Premières Nations.

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L'appel à la réconciliation et ses implications pour le leadership

Lors de l'Assemblée générale 2006, Elizabeth Davis, RSM, a souligné les implications de la réconciliation pour les supérieures et supérieurs majeurs dans l'exercice du service de leadership auprès de leurs congrégations religieuses.

Le processus de la réconciliation doit toujours faire partie de l'accompagnement de leurs membres qui travaillent dans l'Église et dans le monde. Le processus de réconciliation une fois mis en place, rend les religieux et religieuses capable de vivre la compassion et les ouvre à la guérison des cassures à l'intérieur des leurs propres communautés, de l'Église et de la société, devenant ainsi, en fidélité à leur appel, de véritables témoins prophétiques au coeur de notre monde.

Sa présentation a été présentée sous forme de deux documents Power Point. Voir Power Point 1Power Point 2.


Le leadership, un pèlerinage de confiance

Conférence de Gisèle Turcot, SBC, donnée dans le cadre de la session sur le leadership qui s'est tenue en novembre 2006 à Montréal et à Québec. Texte intégral en format PDF.


Dialogue et réconciliation

Le dialogue est un espace de croissance et de changement. Il faut y entrer avec précaution, s’y engager en toute honnêteté et sincérité. De plus, il ne peut y avoir de véritable dialogue si les personnes qui s’y engagent ne se sentent sur un même pied d’égalité. Le dialogue est un pas essentiel vers la réconciliation. Une réflexion de Lise Barbeau, SCSL, responsable du dossier Mission et Formation.

Une initiation au « dialogue interreligieux »

Dans son livre, L’histoire de Pi, Yann Martel fait converger un prêtre, un pandit et un imam vers les parents de Piscine (Pi) en promenade de famille au bord de la mer. Le but des trois sages est de clarifier l’allégeance religieuse de Pi.

La conversation ne tarde pas à s’enflammer. Craignant que les trois hommes n’en viennent aux coups, le père de Pi leur dit : Messieurs, messieurs, s’il vous plaît! Je tiens à vous rappeler que nous jouissons dans ce pays de la liberté de culte. À ce moment-là, les sages s’écrient à l’unisson et pointent l’index dans un même geste spontané. Enfin, ils trouvent des points communs : La piété de Piscine est admirable. Il est réconfortant  de voir un garçon qui tient tant à Dieu!  Là-dessus, il y a accord parfait et le père de Pi leur donne raison.
 
C’est alors que la maman, se tournant vers son fils, rompt le silence lourd qui pèse sur tous: Alors, Piscine? Qu’est-ce que tu penses de cette question? – Je veux simplement aimer Dieu, rétorque le garçon. Les sages se retirent l’air vexé. Martel conclut le chapitre 23 de son livre en faisant dire à Pi : Ce fut mon initiation au dialogue interreligieux.

Situation où il y a des perdants

L’histoire de Pi présente une situation qui ne contente pas tout le monde. Elle expose le caractère poignant de ce que le dialogue n’est pas. Il y a conversation entre plusieurs personnes; cependant, leur intention n’est ni d’apprendre, ni de mieux se comprendre. C’est une discussion vive, une dispute entre antagonistes, engagés dans une bataille de mots, qui cherchent à démolir le point de vue des autres.

En général, toute discussion ressemble plus à une lutte pour défendre ses droits qu’à un processus qui permet d’analyser consciencieusement les différentes perspectives de l’autre; elle tend donc à promouvoir la division.[1] Le dialogue n’est pas une lutte ni un débat non plus. En effet, dans le mot débattre, il y a les racines latines  et battre, il y a présence d’adversaires et désir de gagner. Or, dans le dialogue il n’y a pas de perdants.

Une situation gagnant-gagnant

Le mot dialogue vient du grec, dia (à travers… ou l’un avec l’autre) et de logos (mot). Ce terme, a-t-on dit, a le sens très particulier de « compréhension qui coule vers... »[2]  Le dialogue est une discipline dont le but est d’apprendre, de comprendre et, par conséquent, d’ouvrir de nouvelles avenues en préparant un « contenant » ou un « champ de recherche ».

C’est un espace qui permet de prendre conscience du contexte de l’expérience des autres, du fait que leurs pensées et leurs sentiments sont la base de cette expérience. Tout le monde y gagne. Chacun fait attention aux espaces entre les mots et non seulement aux mots utilisés; à tout le déroulement de l’action, non seulement à son résultat; au timbre de voix, non seulement aux paroles.

Le vrai dialogue crée les conditions nécessaires pour que toutes les personnes impliquées y reconnaissent la primauté du tout. En 1914, le philosophe, Martin Buber utilise ce terme pour décrire « un mode d’échange entre humains, au cours duquel on apprend à se tourner vers l’autre et à reconnaître sa pleine valeur, non comme objet dans une fonction sociale, mais en tant qu’être humain ».[3]

Un modèle par excellence

Le dialogue est essentiellement relationnel. Il vise la communion. Dans une conférence adressée au Trinity College de Washington le 25 octobre 2003, Mgr Michael Fitzgerald affirme :

« Il n’est pas exagéré de dire que c’est la foi en la Sainte Trinité qui presse les chrétiens à s’engager dans le dialogue. La révélation nous enseigne qu’en Dieu, il y a trois personnes qui communiquent incessamment entre elles et vivent la parfaite communion. La Trinité est le modèle par excellence de toutes relations humaines, relations qui doivent être imprégnées à la fois de respect pour l’identité de chaque personne et d’un profond désir de communion. »[4]

Un appel à la croissance et au changement

Le dialogue est toujours axé sur la « conversation » entre personnes ou groupes qui ont des points de vue divergents.  Ces personnes ou groupes doivent y entrer disposés à apprendre les uns des autres, à mieux se comprendre et à se transformer.

Le dialogue est un espace de croissance et de changement. Il faut y entrer avec précaution, s’y engager en toute honnêteté et sincérité. De plus, il ne peut y avoir de véritable dialogue si les personnes qui s’y engagent ne se sentent sur un même pied d’égalité. 

Le dialogue est multiple

Le dialogue peut avoir lieu entre deux personnes, entre une personne et une communauté, entre voisins. Il peut s’étendre à des paroisses ou à des Églises de confessions différentes ou se situer au niveau des responsables d’Églises ou encore toucher les ethnies et les nations.

On parle de dialogue interpersonnel, interreligieux, interracial, interculturel et international. De plus, on distingue les petits et les grands dialogues. Les petits dialogues, on s’y engage au jour le jour, mais devons-nous nous préoccuper des grands dialogues? Ne sont-ils pas réservés aux personnes en position de leadership? Pas du tout!

Paul VI n’a-t-il pas dit aux personnes consacrées, dès 1965, qu’elles ne peuvent se contenter de vivre dans l’Église et pour l’Église? Il les presse de s’ouvrir aux grands dialogues :

« La vie consacrée est … appelée à apporter sa contribution spécifique à tous les grands dialogues auxquels le Concile Vatican II a ouvert l’Église entière. […] Aucun Institut de vie consacrée ne peut se sentir dispensé d’œuvrer pour cette cause. »[5]
  
Un pas nécessaire sur le chemin de la réconciliation

Le dialogue est un pas essentiel vers la réconciliation. Comme religieuses et religieux canadiens, nous avons choisi de développer et de promouvoir une spiritualité de la réconciliation. Ne devons-nous pas nous sentir poussés à trouver les moyens de mieux vivre cette mission?

Dans une conférence adressée au 62e Conventus Semestralis de l’Unione Superiori Generali, Donna Orsuto donne six façons pratiques et simples de promouvoir le dialogue entre les cultures, entre hommes et femmes, entre peuples de croyances ou de confessions différentes, entre membres de la même communauté et avec les pauvres :

  • établir des liens d’amitié;
  • écouter attentivement;
  • traiter toute personne avec un respect extraordinaire;
  • voir les autres sous leur meilleur jour;
  • nourrir un amour qui dissipe la peur;
  • regarder les autres avec les yeux de Dieu.[6]  
     
Sens du dialogue et mission

Tout individu possédant le sens du dialogue se sait habité par l’esprit dialogal. L’image qui illustre bien cette attitude intérieure n’est autre que la source qui coule. En effet, la compréhension nouvelle issue du dialogue coule en chacune des personnes impliquées. Fluide, cette compréhension circule dans tous les membres du groupe. Le résultat est prévisible. Auparavant, on ne se comprenait pas.

Maintenant, la compréhension mutuelle devient expérience partagée. Quelque chose de neuf voit le jour. Cette compréhension accrue crée la « communion » et « cimente » les personnes et les communautés, les Églises et les sociétés. 
 
On peut toujours s’écrier avec Pi: Je veux simplement aimer Dieu. Mais peut-on prétendre aimer Dieu qu’on ne voit pas, si l’on n’est pas disposé à s’engager dans le dialogue avec son frère ou sa sœur que l’on voit? (1Jean 4,20)

 

[1] William Isaacs : Dia * Logos Institute, PO Box 120, Cambridge, MA 02142. Cité dans Peter Senge, and Co, The Fifth Discipline Fieldbook, Currency Doubleday, 1994, p.353.

[2] Ibid.

[3] Ibid, p. 359.

[5] Repartir du Christ, # 40–41.

[6] USG, Rome,  28-31 mai 2003, p. 36.

Déclaration au nom des congrégations de religieuses impliquées dans les pensionnats indiens du Canada

Rome, le 30 avril 2009 : Les leaders des congrégations de religieuses concernées par les pensionnats indiens n'avaient jamais émis de déclaration conjointe au sujet de leur implication. Lors des préparatifs pour la rencontre de la délégation des Premières Nations et de l’Église catholique avec Sa Sainteté le pape Benoît XVI, fin avril 2009, il est apparu qu’il s’agirait d’un moment propice pour prononcer collectivement une brève allocution sur notre expérience.

Nous savions que Phil Fontaine, chef national de l'Assemblée des Premières Nations, avait travaillé sans relâche pour souligner le rôle des communautés religieuses. C’est grâce à ses efforts que l'Accord relatif aux pensionnats indiens a enfin été accepté par le gouvernement fédéral avec des modalités acceptables pour les communautés religieuses. Il a persisté à appuyer et à articuler le vœu des collectivités des Premières Nations de conserver la présence des religieux et des religieuses parmi elles. Vivant lui-même sa propre démarche de guérison, il a tendu la main à des membres des communautés religieuses qui étaient engagés dans les écoles où il étudiait. Il est toujours disponible pour rencontrer, épauler et encourager les communautés religieuses touchées par la question des pensionnats. Cette déclaration nous a aussi offert l’occasion d’exprimer notre reconnaissance envers le chef national.

Marie Zarowny, SSA
Maison générale des Oblats de Marie Immaculée
Rome, le 30 avril 2009

Père Guillermo Steckling et membres du Conseil général des Oblats, merci de nous accueillir dans votre maison et de m’offrir cette occasion de vous dire quelques mots.

Chef national Phil Fontaine, Anciens, chefs et représentants des Premières Nations, des Inuits et des Métis du Canada, surtout ceux d’entre vous qui sont d'anciens internes des pensionnats; Mgr Pettipas et les autres représentants des organismes catholiques; madame l’Ambassadrice Anne Leahy; distingués invités.

Tout d’abord, je tiens à vous dire, comme je l’ai fait un peu plus tôt aujourd'hui, à quel point je suis honorée de partager les expériences profondes de ces derniers jours avec vous. Je porterai toute ma vie cette expérience en moi et j’aimerais vous entretenir de ses diverses significations. Dans certains cas, je vous en ai déjà touché un mot, et d’autres prendront tout leur sens au fur et à mesure de notre contemplation et de notre réflexion.

Alors que le volet officiel de nos journées passées ensemble tire à sa fin, c’est pour moi un privilège que de prendre la parole au nom des congrégations de religieuses qui ont donné, durant de longues années, des centaines de leurs membres qui se sont consacrés à l’enseignement aux enfants dans les pensionnats et à leur prodiguer des soins.

Certains de ces établissements, surtout dans le Grand Nord, ont été fondés pour s'occuper des orphelins quand la population adulte des villages avait été presque entièrement décimée par des épidémies de grippe. Nous avons été invitées à aider les enfants, à tout le moins, à survivre. Dans de tels cas, comme dans les écoles d'autres régions du pays, nous étions motivées par un sincère désir de promouvoir l'éducation, la santé et la formation chrétienne des peuples autochtones de sorte qu'ils puissent prendre la place qui leur revient dans une société canadienne en pleine évolution. Nous souhaitions qu’ils puissent s’épanouir sur le plan individuel, être fiers d'eux-mêmes et de leurs talents et aptes à vivre avec un sens inné de leur dignité. Pour beaucoup d'élèves, cependant, l’expérience a été tout autre. Comment nos bonnes intentions ont-elles pu avoir des conséquences aussi tragiques?

Nous étions des produits de l’époque dans laquelle nous vivions, avec les méthodes d'enseignement, les malentendus culturels, les attitudes sociales et la théologie de cette époque. De plus, certains de nos membres souffraient de problèmes affectifs dont les enfants ont subi les effets.

Nous savons aujourd’hui que le système même des écoles résidentielles, mis sur pied par le gouvernement fédéral et auquel nous avons participé, était raciste et discriminatoire, provoquant une forme d'oppression culturelle et de honte individuelle qui a laissé des séquelles durables non seulement sur ceux qui ont fréquenté les écoles, mais aussi sur les générations suivantes. Nous portons l'immense douleur d’avoir contribué à cette tragédie, une douleur qui n'est pas passagère, mais qui reste dans notre cœur.

Nous savons aussi maintenant que beaucoup d'enfants confiés à nos soins ont souffert de sévices et de traitements indescriptibles. Quelques sœurs ont été accusées de sévices réels; beaucoup d'autres, de ne pas avoir protégé les pupilles qui avaient été confiées à leurs soins. Nous sommes profondément affligées par toutes ces révélations. Les bonnes intentions et l'amour véritable de la plupart de nos sœurs envers les enfants qui leur avaient été confiés n'ont pas suffi et, en fait, n’ont souvent pas été vécus comme tels.

Parallèlement, plusieurs de nos membres ont noué des amitiés durables avec les enfants confiés à leurs soins; nous avons toutes été enrichies par ces liens et nous en éprouvons de la gratitude.

En collaborant à l'accord de règlement, nous avions pour priorité que la souffrance soit reconnue, que justice soit faite par l’entremise d’une indemnisation adéquate et qu'il y ait un mécanisme qui nous permette, comme religieuses, à la fois de contribuer et de participer à une démarche de guérison et de réconciliation avec vous.

Tout au long des quelque 150 dernières années, notre engagement dans les pensionnats n'a pas été notre seul ministère auprès des Premières Nations. Nous avons œuvré comme travailleuses en pastorale et conseillères dans des réserves et d’autres collectivités des Premières Nations, enseigné; prodigué des soins de santé; visité les familles; contribué à l'éducation religieuse; soutenu les chefs de toutes sortes; et pris part à la vie communautaire. Bien que nos effectifs soient maintenant réduits et que nous nous soyons retirées de plusieurs communautés, nous nous engageons, dans la mesure de nos moyens et à votre invitation, à continuer à vivre et à vous servir dans votre milieu.

Nous nous engageons, à titre institutionnel, à user de notre influence pour continuer de soutenir vos efforts visant à obtenir justice au Canada, y compris un logement, une éducation, des soins de santé, des programmes de guérison et des droits territoriaux adéquats. Nous nous engageons aussi à redoubler d’efforts pour promouvoir la sensibilité culturelle et la compréhension entre les Autochtones et les non-Autochtones du Canada et atténuer quelque peu les attitudes enracinées de racisme et de supériorité.

Personnellement, je m’engage dans la mesure de mes moyens à contribuer au processus continu de créer un nouvel avenir au Canada et dans l'Église, un avenir où tous les peuples sont appréciés et vivent dans la dignité et le respect mutuel.

Et maintenant un mot plus personnel au chef national, Phil Fontaine : Vous avez été pour nous un frère, Phil, collaborant avec nous tout au long de cette démarche, d’abord en nous aidant à comprendre les profondeurs de la souffrance éprouvée par vous et votre peuple, puis en marchant à nos côtés dans une compréhension renouvelée. Le chemin n’a été facile ni pour vous ni pour nous, mais nous avons voyagé ensemble. Chemin faisant, nos liens avec vous et votre peuple se sont approfondis. Vous avez aussi exprimé sans relâche le désir de plusieurs membres de votre peuple que nous maintenions nos liens avec vous, et vous avez facilité les choses. Nous vous remercions pour toutes vos contributions à cette démarche et nous appelons la bénédiction abondante de notre Créateur sur vous. 

En terminant, je reviens à un commentaire fait un peu plus tôt. Chacun de nos engagements, qu’il soit éducatif, politique, spirituel ou autre, a abouti à des amitiés profondes et durables entre nos sœurs et de nombreux membres des Premières Nations. Nous apprécions au plus haut point ces amitiés et nous anticipons qu’elles s’approfondiront dans les années à venir.

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